L'histoire de la radiocommunication

A la fin du XIX siècle, les premières expériences de radio aboutissent à la télégraphie sans fil (TSF), quelques années plus tard, on peut transmettre de la voix à longue distance sans fil avec l'invention de la triode en 1906 par Lee De Forest : la radiodiffusion était née en même temps que l'émission d'amateur.

L'invention de la radio est une œuvre collective, qui part de la découverte des ondes électromagnétiques, de l'invention du télégraphe, et aboutit aux premiers matériels utilisables pour communiquer sans fil.
La radio a d'abord été utilisé pour la sécurité maritime, l'armée britannique est, grâce à l'Italien Marconi, la première à disposer d'un système de communication par radio : ce système permet de communiquer entre les différents navires mais aussi avec l'Etat Major à terre (à noter qu'à cette époque on transmet et on ne reçoit qu'en morse). Un évènement va démontrer la sécurité que procure un système de radio : le naufrage du Titanic en 1912 où l'opérateur radio, John Phillips, envoie des messages de détresse qui seront captés.

Nous allons maintenant faire un saut dans le temps et étudier l'historique d'un système de radiocommunication populaire : la CB

EXTRAIT de La tribu des cibistes :

"Avant d'aborder la pratique de la CB il est intéressant de savoir comment celle-ci est née, s'est développée pour finalement s'imposer comme le premier moyen de radiocommunication mondial.

Son histoire commence avec l'invention de la télégraphie sans fil en 1894 quelques années après celle du téléphone. Mais il faudra attendre la seconde guerre mondiale pour voir apparaître les premiers appareils de radio-communication portatifs, plus connus sous le nom de Talkies Walkies. La guerre finie, les troupes Américaines retournèrent au pays, abandonnant sur place un très important matériel de radiocommunication sur lequel se précipitèrent aussitôt quelques électroniciens amateurs et anciens militaires à la retraite.

Deux ans plus tard en 1947 se déroule à Atlantic City aux États-Unis une conférence mondiale pour répartir les fréquences hertziennes entre les différents utilisateurs : services de radiodiffusion, militaires, services médicaux... Seule une bande, le 27 MégaHertz, reste inutilisée à cause de sa propagation trop aléatoire. La conférence décide donc de la concéder à la libre utilisation des citoyens : ce sera la Citizen Band, CB.

La CB reste cependant pendant une dizaine d'années un phénomène très marginal réservé à des électroniciens avertis qui construisent eux-même leurs émetteurs à l'aide de surplus militaires. Ce sont des appareils lourds, encombrants et d'un maniement délicat, fonctionnant avec des lampes qui doivent chauffer avant de pouvoir être utilisés. Nous sommes à cent lieues des petites merveilles techniques que nous connaissons aujourd'hui.

La CB n'aurait pas dépassé ce stade du bricolage pour apprenti-sorciers sans l'apparition en 1958 du transistor qui révolutionnera le monde de la radiocommunication en permettant la miniaturisation des postes. On verra ainsi au milieu des années 60 la mise sur le marché d'appareils utilisables à bord de véhicules et spécialement conçus pour l'usage du 27 MHz.

Après l'impact d'une évolution technique, ce sera un événement politique qui aura des conséquences sur le développement de la CB. En 1973 éclate la guerre du Kippour entre Israël et les pays arabes, entraînant une explosion du prix du pétrole. Afin de faire des économies d'énergie, les autorités Américaines décident de réduire sévèrement les limitations de vitesse : pour déjouer les contrôles de Police et continuer à respecter leurs délais de livraisons les camionneurs (Truckers en anglais) s'équipent massivement de postes CB. Ce phénomène reste cependant typiquement Américain : ils sont déjà plus de 2 millions aux États-Unis quand en France on ne trouve que 6000 cibistes à l'époque.

L'impact aux États Unis sera tel que même le cinéma s'inspire de cette nouvelle pratique et lui consacre en 1975 un film <<Le convoi>>, une série télévisée <<Le shérif me court après>> et un téléfilm <<White line fever>>. Après les Westerns, c'est l'époque de gloire des <<Road Movies>> qui mettent en scène de phénoménales courses poursuites entre des policiers armés jusqu'aux dents et des convois de camionneurs : les cibistes sont devenus les nouveaux indiens.

Le film le plus connu <<Le convoi>> raconte l'histoire d'une dizaine de camionneurs qui traversent les grandes plaines et se racontent des blagues par l'intermédiaire de la CB. Mais les policiers aussi sont à l'écoute du 27. Un policier véreux et à moitié fou les prend en chasse et leur fait subir mille et un petits tracas, jusqu'au moment où les routiers excédés lui flanquent une raclée. Débute alors une incroyable course poursuite. Grâce à la CB, Rubber Duck, le meneur des routiers, lance un appel généralisé et réussit à réunir un gigantesque convoi d'une centaine de camions, obligeant les policiers à les laisser tranquilles.

La CB devient si populaire aux États-Unis que les routiers sont rapidement imités par l'ensemble de la population. La croissance est spectaculaire, et on comptera en 1976 jusqu'à 30 millions d'utilisateurs, c'est-à-dire plus d'un Américain sur 10 (Par comparaison on ne trouve qu'un cibiste pour 20 Français actuellement). Avec 500 000 nouvelles licences accordées par mois, la CB devient même pendant quelques années la plus forte consommation d'électronique de tous les temps, loin devant les télévisions couleurs ou les calculatrices de poche. Bonne joueuse, l'administration Américaine encourage d'ailleurs vivement sa diffusion pour améliorer la sécurité sur les routes.

Paradoxalement, c'est son succès qui entraînera son déclin : les utilisateurs deviennent si nombreux que les 40 canaux sont bientôt saturés en permanence. La fin des années 70 marque donc un net recul du phénomène, poussant les fabricants de CB à chercher de nouveaux marchés Outre-Atlantique. Le phénomène arrive alors en France avec dix ans de décalage par rapport aux États-Unis et sous une forme bien atténuée.

Les débuts de la CB Française


Si ce n'est qu'au début des années 80 que la CB est devenue un phénomène de mode en France, on trouve les premiers cibistes dès la fin des années 60. Quelques Français audacieux, de retour d'Amérique commencent à ramener des postes de CB, et d'autres, à en acheter dans les supermarchés réservés aux troupes d'occupation Américaines d'Allemagne. Certains construisent leur matériel en récupérant des postes professionnels. Ils vont parfois jusqu'à utiliser des boîtes de conserve pour loger leur poste!!!

On murmure même que les premiers postes CB contribuèrent au succès des manifestations étudiantes de mai 68 : les CRS n'en revenaient pas, les postes des étudiants étaient plus perfectionnés que les leurs. Jack Drat, qui tient toujours une petite boutique dans le 3ème arrondissement de Paris se souvient avec émotion des réunions enfiévrées qui se tenaient dans son arrière boutique, une des seules à l'époque à vendre des postes : <<On refaisait le monde tout les soirs avec des personnes venus de tous les horizons sociaux. Je n'ai jamais vu un aussi grand brassage social qu'à cette époque sur la CB.>>

On trouve en effet vraiment de tout parmi ces pionniers des ondes, du passionné d'électronique à l'ancien militaire chargé des transmissions pendant la guerre, en passant par l'aventurier du bout du monde, et l'ambulancier. Leur vrai point commun c'est cette même soif de communication avec l'inconnu. C'est une passion qui à l'époque coûte cher : certains dépensent plus de 1500 francs pour pouvoir s'équiper, ce qui représente à l'époque le salaire moyen d'un mois de travail. Et encore ne disposent-ils que de postes très rudimentaires ne comportant que 6 canaux, qu'ils sont obligés de modifier en ajoutant des quartz pour leur permettre d' émettre sur des fréquences restées inutilisées.

Cela suffit cependant amplement pour plonger nos apprentis sorciers dans un monde entièrement nouveau. Jean Luc Cury, l'un de ces pionniers, revit avec beaucoup d'émotion ses premiers pas dans l'éther : <<Il régnait sur la fréquence un silence inquiétant et on avait l'impression de violer un temple maudit où personne n'avait encore pénétré. On se sentait surpuissants comme si l'on avait possédé une arme secrète>>. Il se souvient avec amusement avoir parlé avec des enfants qui jouaient avec leurs Talkies Walkies : ceux-ci avaient été tellement étonnés d'entendre une voix inconnue qu'ils étaient partis en larme auprès de leur mère.

A l'heure du Bi Bop et du GSM où nous sommes saturés de communication mobile, il est difficile d'imaginer la révolution que représentait la CB. Nous étions encore dans une France très traditionnelle, celle de <<22 à Asnières>>., où le commun des mortels attendait des années avant d'avoir le téléphone à domicile et où l'évocation du minitel rose ou du téléphone de voiture aurait relevé de la science fiction. Il n'y avait pas non plus la même liberté d'expression qu'aujourd'hui, mais on la découvrait sur la CB.

L'enthousiasme de ces défricheurs des ondes suscite très rapidement la création d'une myriade d'associations militant pour la reconnaissance officielle de la CB : l'AFA (Association Française des Amateurs Radio) en 1967, puis l'ARAS (Amical Radio Assistance Secours) et le SNAC(Syndicat National des Radiocommunication de Loisir). Les marchands voient eux aussi le parti qu'ils peuvent tirer de cette nouvelle mode. Premier à se lancer dans la course, François Tourres dès 1974 importe des appareils CB venus des États-Unis sous la marque Midland. L'année suivante s'ouvre à Paris le premier magasin spécialisé, <<Guy Mocquet Électronique>>.

Bien qu'elle commence à prendre de l'ampleur, cette mode passera longtemps inaperçue des pouvoirs publics : seules quelques professions (ambulanciers, taxis, policiers...) sont autorisées à utiliser des moyens de communication par voie hertzienne (on appelait ces émetteurs/récepteurs des radiotéléphones, bien qu'ils n'aient rien à voir avec les téléphones de voiture que nous connaissons aujourd'hui). Les autres personnes doivent se contenter de petit Talkies Walkies pour enfants, jouets dont la distance d'émission ne dépasse pas une centaine de mètres.

Curieusement l'achat de matériel est autorisé mais pas son utilisation. Si la CB en tant que telle n'est ni interdite ni légalisée, elle n'en tombe pas moins sous le coup de la législation existante : toute émission radio doit obtenir l'autorisation préalable du ministère des PTT. Les peines encourues peuvent aller jusqu'à un an d'emprisonnement et 36000 francs d'amende. Faire de la CB dans les années 70 n'était pas de tout repos : tantôt les pouvoirs publics laissaient faire, tantôt ils décidaient de sévir, intervenant au domicile des cibistes, les traînant en procès. Gérard se souvient de ces temps de clandestinité : <<Tout dépendait de l' humeur des forces de l'ordre, de l'actualité et des relations que l'on entretenait avec eux : il suffisait d'un moment de tension, ou qu'un voisin vous dénonce pour que vous alliez en prison.>> On raconte même l'histoire d'un Radio amateur qui espionnait la bande du 27 et rackettait les cibistes, les menaçant de les dénoncer aux pouvoirs publics s'ils refusaient de lui verser la somme convenue.

Si l'administration a beaucoup renâclé avant de légaliser la CB, c'est qu'il s'agissait de la première brèche ouverte dans le monopole d'Etat sur les télécommunications et télédiffusions : tout ce qui passait par la voie des ondes devait être dûment contrôlé par l'Etat et il n'y avait alors ni radio libre, ni chaînes de télévision privée.... Cette attitude peut paraître un peu rétrograde aujourd'hui où nous vivons des temps de déréglementation sauvage, mais elle est tout à fait compréhensible dans le contexte de l'époque.

Le ministère des PTT (Poste Télégraphe et Télécommunication) avait pensé proposer aux cibistes de passer par des réseaux de téléconvivialité ou bien de décaler la fréquence du 27 sur le 900 MHz. Ils ne voulurent jamais en entendre parler : en effet ils auraient alors dû recourir à des appareils beaucoup plus perfectionnés et donc encore plus chers pour une propagation encore plus réduite.

L'origine purement Américaine de ce phénomène irrite également les défenseurs de la francophonie. En 1979, alors même que la CB n'est toujours pas légalisée, une commission essayera d'imposer le terme de Bande Publique (BP) à la place du terme CB. D'autres pour lui donner une connotation plus francophone en font les initiales de <<Canaux Banalisés>>, transformant le mot cibistes en <<cébiste>>."

Il est également intéressant de souligner que la réglementation CB n'a pas évolué depuis 1994.

Il existe d'autres systèmes de communication par radio accessible librement sans licence : deux d'entre eux sont le PMR446 et le LPD433 que nous développerons plus tard.

# Posté le lundi 16 février 2009 17:06

Modifié le lundi 22 juin 2009 11:42

La norme LPD433

Les LPD433 comme on peut le deviner, fonctionnent sur la fréquence UHF (Ultra Haute Fréquence) de 433 Mhz en mode FM. Le LPD signifie Low Power Device

Tout comme les PMR446, les LPD ne sont autorisés qu'en début de bande.
De 433.075 à 434.775 en 69 canaux séparés chacun de 25 Khz.
Dans cette version des émetteurs, nous disposons de beaucoup de canaux mais d'une puissance quasi ridicule... 10 Milliwatts PAR (Puissance Apparente Rayonnée).
A noter que la bande de fréquence des LPD433 est à partager avec la bande de fréquence UHF des radioamateurs située sur 430 MHz.

# Posté le lundi 16 février 2009 17:16

Modifié le mardi 17 février 2009 08:34

La norme PMR446

Le PMR446 est un système de communication par radio utilisant la bande de fréquence de 446.00625 à 446.09375 MHz réparti sur 8 canaux et avec une puissance d'émission de 500 mW au maximum.
Rappelons que seul l'usage personnel est autorisé, l'utilisation professionnelle est strictement interdite et passible d'amande.

# Posté le lundi 16 février 2009 17:17

Modifié le mardi 07 avril 2009 16:50

La SSTV

La SSTV
La télévision à balayage lent (ou Slow Scan Television, SSTV) est une activité radioamateur qui vise à la transmission d'images fixes à l'aide d'une bande passante réduite correspondant à celle de la parole. Elle se distingue ainsi de la télévision classique, représentée dans le monde des radioamateurs par l'ATV (Amateur Television), et qui vise quant à elle à diffuser des images animées, ce qui requiert une bande passante bien plus importante.

La SSTV existe depuis plusieurs décennies, mais demandait initialement des matériels spéciaux, caméras, écrans et démodulateurs. Le développement de la micro-informatique a permis de remplacer ces équipements SSTV complexes et onéreux par un simple logiciel.

# Posté le lundi 16 février 2009 17:27

Un site et un forum à découvrir

Voici un site très intéressant, vous pouvez même faire une demande pour avoir un indicatif.

http://pmr446.free.fr

Et le forum.

http://pmr446.xooit.com

# Posté le lundi 16 février 2009 17:35